Beat them all : définition, origines et jeux emblématiques du genre Double Dragon — Considéré comme l’un des piliers du beat them all, le jeu a popularisé la coopération à deux joueurs, le défilement horizontal et la progression par niveaux, établissant des standards qui influenceront durablement tout le genre. | © DR

Beat them all : définition, origines et jeux emblématiques du genre

 

Le beat them all, également appelé beat 'em up ou brawler, est un genre de jeu vidéo d'action dans lequel le joueur affronte de nombreux adversaires au fil de niveaux à progression généralement linéaire. Héritier des salles d'arcade des années 1980, il se distingue par ses combats au corps à corps, ses enchaînements de coups (combos), ses affrontements contre des boss et, très souvent, par son mode coopératif. Malgré une popularité fluctuante au cours de son histoire, le beat them all demeure aujourd'hui l'un des genres les plus influents du jeu vidéo d'action.

Apparu dans les bornes d'arcade avant de conquérir les consoles de salon, le beat them all a profondément marqué plusieurs générations de joueurs. Des classiques comme Double Dragon, Final Fight ou Streets of Rage aux productions modernes inspirées de ses mécaniques, ce genre a continuellement évolué tout en conservant les principes qui ont fait son succès : une prise en main accessible, une action soutenue et un gameplay récompensant la maîtrise des combats.

Définition : qu'est-ce qu'un beat them all ?

Le beat them all est un genre de jeu d'action dont l'objectif consiste à progresser à travers différents niveaux en éliminant des groupes successifs d'ennemis. Le joueur doit généralement nettoyer une zone avant de pouvoir poursuivre sa progression jusqu'au combat final contre un boss, plus puissant que les adversaires rencontrés auparavant.

Streets of Rage 4, un beat them all moderne et fidèle à l'esprit de la série

Streets of Rage 4, un beat them all moderne et fidèle à l'esprit de la série. | © Dotemu
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Le gameplay repose principalement sur des affrontements au corps à corps, même si certains jeux permettent également d'utiliser des armes blanches, des objets ramassés dans le décor ou des capacités spéciales. Les commandes sont volontairement simples à prendre en main, mais la maîtrise des esquives, des projections, des combos et des techniques propres à chaque personnage apporte une profondeur appréciable.

Le beat them all ne doit pas être confondu avec le jeu de combat (fighting game). Là où ce dernier oppose principalement deux combattants dans une arène fermée, le beat them all met en scène un héros ou une équipe affrontant des dizaines d'ennemis au sein de niveaux à parcourir.

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Les caractéristiques essentielles du genre

Bien que chaque licence possède ses propres spécificités, la majorité des beat them all partagent un ensemble de mécaniques caractéristiques.

  • Progression au travers de niveaux à défilement horizontal ou d'environnements en trois dimensions.
  • Affrontements contre de nombreux ennemis avant d'accéder à la zone suivante.
  • Combats principalement au corps à corps, parfois complétés par des armes ou des objets du décor.
  • Système de combos et de techniques spéciales récompensant la maîtrise du gameplay.
  • Combat contre un boss en fin de niveau.
  • Plusieurs personnages jouables disposant chacun de capacités spécifiques.
  • Mode coopératif à deux joueurs ou davantage, devenu l'une des signatures du genre depuis la fin des années 1980.

Les scénarios sont souvent construits autour de thèmes universels comme la lutte contre le crime, la vengeance ou le sauvetage d'un proche, même si de nombreuses œuvres exploitent aujourd'hui des univers historiques, fantastiques ou de science-fiction beaucoup plus développés.

Les origines du beat them all

Les premières bases du genre apparaissent en 1984 avec Kung-Fu Master, un jeu d'arcade inspiré des films d'arts martiaux de Hong Kong. Son principe est simple : progresser dans un niveau tout en éliminant des vagues d'adversaires avant d'affronter un ennemi plus puissant.

Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge, un hommage aux beat them all classiques

TMNT: Shredder’s Revenge, un hommage moderne aux beat them all classiques. | © Tribute Games
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En 1986, Nekketsu Kōha Kunio-kun renouvelle la formule en proposant des environnements urbains et une plus grande liberté de déplacement. Son adaptation occidentale, commercialisée sous le nom de Renegade, modifie toutefois plusieurs éléments du jeu original, notamment les personnages, les graphismes et le contexte narratif afin de mieux correspondre aux attentes du public occidental.

Le véritable tournant intervient en 1987 avec Double Dragon. Son gameplay coopératif à deux joueurs, son défilement horizontal continu et son système de combat deviennent rapidement les références du genre. Son immense succès ouvre la voie à une multitude de classiques, parmi lesquels Final Fight, Golden Axe, Teenage Mutant Ninja Turtles et Streets of Rage, qui marquent durablement l'âge d'or des salles d'arcade.

De l'âge d'or des salles d'arcade à l'évolution du genre vers la 3D

Entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, le beat them all figure parmi les genres les plus populaires dans les salles d'arcade. Son gameplay immédiat, parfaitement adapté aux parties courtes, ainsi que son mode coopératif en font un incontournable de cette période.

Les développeurs enrichissent progressivement les mécaniques de jeu en multipliant les personnages jouables, les techniques spéciales, les armes ramassables et les environnements variés. Cette évolution contribue à faire du beat them all l'un des symboles de l'âge d'or de l'arcade.

Dragon’s Crown Pro, un beat them all mêlant action et éléments RPG

Dragon’s Crown Pro, un beat them all mêlant action et éléments RPG. | © Vanillaware
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À partir de la seconde moitié des années 1990, l'arrivée des graphismes polygonaux transforme profondément l'industrie vidéoludique. Les jeux de combat en un contre un gagnent en popularité tandis que les beat them all traditionnels connaissent un recul progressif.

Le genre ne disparaît pas pour autant. Au début des années 2000, plusieurs studios adaptent ses principes aux environnements tridimensionnels. Les combats deviennent plus techniques, les déplacements gagnent en liberté et les systèmes de progression se complexifient.

Beat them all vs hack and slash : quelles différences ?

Les frontières entre les genres étant parfois poreuses, le beat them all est régulièrement confondu avec le hack and slash. Pourtant, plusieurs différences permettent de les distinguer.

Le beat them all privilégie généralement une progression linéaire, des niveaux clairement délimités et des affrontements contre des vagues d'ennemis. Le système de combat constitue le cœur de l'expérience, tandis que les éléments de progression restent souvent limités.

Le hack and slash accorde quant à lui une place beaucoup plus importante à l'évolution du personnage, à la collecte d'équipements, à la personnalisation des compétences et aux mécaniques issues du jeu de rôle. Certains jeux modernes empruntent toutefois des éléments aux deux genres, rendant leur classification parfois plus nuancée.

Cette évolution donne naissance à des productions souvent qualifiées de character action games, parmi lesquelles Devil May Cry, God Hand, Bayonetta, God of War ou encore Dynasty Warriors. Ces jeux conservent l'importance accordée aux affrontements spectaculaires tout en développant davantage la narration et les mécaniques de combat.

Retour en force, héritage et influence du beat them all

Depuis les années 2010, le beat them all connaît un regain d'intérêt grâce aux studios indépendants comme aux grands éditeurs. Les productions récentes modernisent les mécaniques héritées de l'arcade tout en conservant leur accessibilité et leur dimension coopérative. Des jeux comme Dragon's Crown, Streets of Rage 4 ou Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder's Revenge illustrent parfaitement cette renaissance. Ils démontrent que les fondamentaux du genre demeurent particulièrement efficaces lorsqu'ils sont associés à une réalisation moderne.

Au-delà des œuvres appartenant pleinement au genre, plusieurs productions modernes réutilisent certaines de ses mécaniques tout en les combinant avec celles d'autres styles de jeux vidéo. C'est notamment le cas de Hades, principalement considéré comme un roguelike d'action. Son système de combat dynamique, ses affrontements contre de nombreux ennemis et l'importance accordée aux combos rappellent certains codes du beat them all, sans pour autant en faire un représentant strict du genre. Cette capacité à inspirer d'autres catégories de jeux témoigne de l'influence durable du beat them all sur le jeu vidéo contemporain.

Muramasa Rebirth, un beat them all 2D à la direction artistique remarquable

Muramasa Rebirth, un beat them all 2D à la direction artistique remarquable. | © Vanillaware
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Plus de quarante ans après ses débuts, le beat them all demeure une référence majeure du jeu d'action. Son héritage se retrouve aussi bien dans les productions indépendantes que dans les grandes licences modernes, qui reprennent régulièrement ses principes fondamentaux en les adaptant aux attentes des joueurs actuels.

Grâce à son gameplay accessible, à ses combats spectaculaires et à son fort potentiel coopératif, le beat them all continue d'occuper une place importante dans l'histoire du jeu vidéo. Des classiques de l'arcade aux productions contemporaines, il illustre parfaitement la capacité d'un genre à évoluer sans perdre l'essence qui a fait son succès.

Les jeux les plus emblématiques du beat them all

Au fil de son évolution, le beat them all a donné naissance à de nombreuses séries devenues incontournables dans l'histoire du jeu vidéo.

  • Kung-Fu Master (1984) — précurseur du genre.
  • Renegade (1986) — fondation du beat ’em up moderne.
  • Double Dragon (1987) — pilier absolu.
  • Final Fight (1989) — référence Capcom.
  • Teenage Mutant Ninja Turtles (1989, arcade) — classique Konami.
  • Golden Axe (1989) — beat them all heroic-fantasy.
  • Streets of Rage (1991) — incontournable.
  • The Punisher (1993) — beat them all Capcom, très fidèle au genre.
  • Muramasa: The Demon Blade (2009) — beat them all 2D mêlant action et éléments RPG.
  • Dragon's Crown (2013) — beat them all à structure arcade avec progression RPG.
  • Streets of Rage 4 (2020) — moderne, pur beat them all.
  • Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder's Revenge (2022) — beat them all néo-rétro exemplaire.