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Lire plusExpression : conter fleurette (définition, signification, origine, étymologie)
Définition et signification de l'expression conter fleurette
- Faire la cour de manière galante.
- Adresser des propos flatteurs ou séduisants, souvent légers ou peu sincères.
L’expression « conter fleurette » signifie, au sens figuré, tenir un discours galant à une personne dans l’intention de la séduire. Elle renvoie plus précisément à une forme de cour verbale fondée sur des paroles aimables, enjôleuses ou flatteuses, sans impliquer nécessairement un engagement sérieux. Dans l’usage moderne, cette locution est fréquemment teintée d’ironie ou de distance critique, suggérant que les propos tenus relèvent davantage du badinage ou de la rhétorique amoureuse que d’un sentiment authentique.
Marquée aujourd’hui par une coloration stylistique vieillie, l’expression appartient au registre littéraire ou soutenu et évoque un art de la séduction associé à des codes sociaux anciens, où la parole occupait une place centrale dans les relations amoureuses.
Origine et étymologie de l'expression conter fleurette
L’expression conter fleurette apparaît au XVIIᵉ siècle, à une époque où le langage galant connaît un essor considérable dans les milieux aristocratiques et mondains. Le verbe conter y conserve son sens ancien de « raconter » ou « tenir des propos », tandis que le substantif fleurette possède une histoire sémantique plus complexe.
À l’origine, le mot s’écrivait florette et désignait littéralement une « petite fleur » dès le XIIᵉ siècle. Par glissement métaphorique, il en est venu, au cours du XVIᵉ siècle, à signifier une parole légère, frivole ou insignifiante, proche des notions de « bagatelle » ou de « baliverne ». Cette évolution s’explique par l’ambivalence symbolique de la fleur : associée à la beauté, à l’amour et à la délicatesse, elle peut également évoquer l’éphémère et le superficiel.
Dans le contexte de la galanterie, les fleurettes désignent ainsi les compliments et promesses souvent excessifs, voire mensongers, que certains prétendants adressaient aux femmes. Des auteurs et lexicographes, tels que Philibert Le Roux, soulignent le caractère trompeur de ces discours, qualifiés de « menteries » destinées à « endormir la bonne foi » de celles à qui ils étaient adressés. L’expression conter fleurette s’est ainsi fixée pour désigner un art de la séduction fondé sur la parole enjolivée, parfois au détriment de la sincérité.
Usage contemporain et extension du sens de l'expression conter fleurette
Dans l’usage contemporain, « conter fleurette » est perçu comme une locution désuète, employée principalement dans un contexte littéraire, historique ou ironique. Elle sert à évoquer une manière ancienne de courtiser, reposant sur des échanges verbaux codifiés et un certain raffinement du langage.
Par extension, l’expression peut également suggérer une forme de séduction superficielle ou peu sérieuse, mettant en avant le contraste entre la beauté apparente du discours et la faiblesse de son contenu. Ainsi, conter fleurette dépasse le simple cadre de la galanterie pour devenir une critique implicite des paroles creuses ou intéressées, tout en conservant une dimension imagée héritée de son ancrage floral et symbolique.
