Expression : ne pas être sorti de l’auberge (définition, signification, origine, étymologie)

 

Définition et signification de l'expression ne pas être sorti de l’auberge

L'expression « ne pas être sorti de l’auberge » signifie ne pas avoir surmonté des difficultés ou des ennuis, souvent dans le contexte de situations compliquées ou prolongées. Elle suggère que des problèmes persistent ou que la résolution d’une situation délicate est encore loin d’être atteinte.

Origine et étymologie de l'expression ne pas être sorti de l’auberge

La formulation « ne pas être sorti de l’auberge » trouve son origine au XIXᵉ siècle dans le langage argotique, particulièrement dans celui des voleurs. À cette époque, le terme « auberge » était utilisé de manière figurative pour désigner la prison, un lieu où le détenu, à l’instar d’un client d’auberge, bénéficiait du gîte et du couvert, bien que de façon imposée et sous contrainte.

Contrairement à une auberge traditionnelle où l’on peut partir librement après avoir réglé sa note, la prison est un lieu d’enfermement où les détenus subissent les rigueurs de la captivité, incluant la promiscuité et divers sévices. Ainsi, l’expression reflète l’idée qu’une fois en prison, on est loin d’en avoir fini avec les ennuis, et qu’en sortir par ses propres moyens est quasiment impossible.

Usage contemporain et extension du sens ne pas être sorti de l’auberge

L’utilisation de l’expression dans un contexte plus large a permis son assimilation dans la langue courante pour décrire toute situation difficile ou pénible, indépendamment de la prison. Elle s’emploie également en opposition avec la locution complémentaire sortir de l’auberge, qui signifie « se tirer d’un mauvais pas » ou réussir à résoudre une situation complexe.

En conséquence, ne pas être sorti de l’auberge illustre la manière dont le langage argotique a enrichi la langue française, en associant des réalités sociales (la prison) à des métaphores imagées (l’auberge). Son utilisation contemporaine reflète la capacité du langage à adapter des expressions à des contextes variés tout en conservant une part de leur charge historique et émotionnelle.

La permanence de cette locution souligne également l’universalité des difficultés humaines et leur écho dans des expressions idiomatiques empreintes de réalisme et de poésie.