La Méditerranée – Fernand Braudel

Les luttes et les rêves – Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours

 
Les luttes et les rêves – Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours
TITRE : Les luttes et les rêves : Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours
AUTEURE : Michelle Zancarini-Fournel
ÉDITEUR : Zones
DATE DE PUBLICATION : 1er décembre 2016
LANGUE : Français
NOMBRE DE PAGES : 1008 pages
 PUBLIC : Étudiants, enseignants, passionnés d’histoire sociale, lecteurs curieux des mémoires oubliées et des mouvements populaires
TYPE : Fresque d’histoire sociale et populaire
CONTENU :
  • Une histoire de France racontée depuis les classes populaires et les marges
  • Analyse des révoltes, résistances et mouvements sociaux de 1685 à nos jours
  • Place centrale accordée aux femmes, aux colonisés et aux migrant.e.s
  • Étude des violences sociales, politiques et coloniales
  • Approche attentive au quotidien, à l’intime et aux sensibilités populaires
  • Nombreuses références aux colonies françaises et aux territoires ultramarins
  • Ouvrage universitaire de synthèse fondé sur plusieurs décennies de recherches

Les luttes et les rêves de Michelle Zancarini-Fournel propose une lecture profondément différente de l’histoire de la France moderne et contemporaine. Loin des récits centrés sur les grands hommes, les batailles ou les figures du pouvoir, l’ouvrage s’intéresse aux anonymes : ouvriers, paysans, femmes, esclaves, colonisés, migrant.e.s, minorités religieuses et sociales. Dans cette vaste fresque de plus de mille pages, l’historienne restitue les multiples formes de résistance, de survie et d’espoir qui ont traversé plus de trois siècles d’histoire française.

Une histoire de France racontée depuis les marges

Le point de départ choisi par Michelle Zancarini-Fournel n’a rien d’anodin : 1685 correspond à la fois à la promulgation du Code Noir, qui institutionnalise l’esclavage dans les colonies françaises, et à la révocation de l’édit de Nantes, marquant le début d’une répression accrue contre les protestants. Dès les premières pages, l’ouvrage affirme ainsi son intention : déplacer le regard historique vers celles et ceux qui apparaissent rarement au centre du récit national.

Cette histoire « d’en bas » retrace les luttes populaires, les résistances ouvrières, les révoltes paysannes, les aspirations démocratiques ou encore les combats pour l’égalité sociale et politique. Les grands événements historiques y sont relus à travers les expériences vécues par les populations ordinaires. Révolutions, industrialisation, colonisation, guerres, migrations ou mouvements sociaux prennent alors une dimension plus humaine et plus concrète, attentive aux existences quotidiennes autant qu’aux bouleversements collectifs.

Un récit social, politique et profondément humain

Professeure émérite spécialiste d’histoire contemporaine et des milieux populaires, Michelle Zancarini-Fournel mobilise ici plusieurs décennies de recherches pour construire une œuvre dense et ambitieuse. L’ouvrage ne se limite pas à l’analyse politique ou économique : il accorde également une place importante aux émotions, aux sensibilités, aux sons, aux récits intimes et aux formes de sociabilité populaires. Cette attention portée au vécu donne au livre une dimension particulièrement immersive.

La place des femmes constitue également l’un des axes majeurs du livre. Loin d’être reléguées à l’arrière-plan, elles apparaissent comme des actrices essentielles des transformations sociales, des résistances collectives et des combats pour l’émancipation. L’ouvrage insiste aussi sur les réalités coloniales et postcoloniales, intégrant pleinement les Antilles, la Guyane, La Réunion, l’Afrique, l’Indochine ou la Nouvelle-Calédonie dans l’histoire française. Cette approche élargie rappelle que l’histoire de la France ne saurait se réduire au seul territoire hexagonal.

Une autre lecture du récit national

À travers cette somme historique monumentale, Michelle Zancarini-Fournel interroge également les mécanismes de la mémoire collective et les oublis du récit officiel. De nombreux épisodes de luttes sociales, de violences d’État ou de résistances populaires, souvent peu présents dans l’enseignement traditionnel, retrouvent ici toute leur importance historique. L’ouvrage met ainsi en lumière des trajectoires et des événements parfois marginalisés dans les grandes synthèses classiques.

Sans chercher la provocation ni la réécriture simpliste, Les luttes et les rêves invite surtout à complexifier le regard porté sur l’histoire française. Cette approche, souvent rapprochée des grandes histoires populaires anglo-saxonnes comme celles de l’historien américain Howard Zinn, offre une lecture dense, exigeante et particulièrement riche pour qui souhaite comprendre les tensions sociales, les aspirations collectives et les rapports de domination qui ont façonné la France contemporaine.

Une œuvre majeure pour comprendre les dynamiques sociales françaises

Par son ampleur documentaire, sa richesse narrative et la diversité des thèmes abordés, ce livre s’impose comme une référence importante de l’histoire sociale contemporaine. Malgré l’absence d’illustrations ou de documents iconographiques, souvent relevée par les lecteurs, l’écriture demeure accessible pour un ouvrage universitaire de cette ampleur. La narration alterne analyses historiques, témoignages, descriptions du quotidien et récits d’événements, donnant parfois l’impression de parcourir simultanément une encyclopédie historique, un récit collectif et une chronique sociale.

À travers les trajectoires des oubliés, des dominés et des révoltés, Michelle Zancarini-Fournel propose une autre manière d’appréhender la construction de la société française. Plus qu’une simple synthèse historique, Les luttes et les rêves apparaît comme une réflexion sur les rapports de pouvoir, les résistances collectives et les mémoires invisibles qui traversent encore la France actuelle.

Référence : Les luttes et les rêves : Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, de Michelle Zancarini-Fournel, publié le 1er décembre 2016 aux éditions Zones. Ouvrage broché de 1008 pages consacré à l’histoire sociale, populaire et coloniale de la France moderne et contemporaine, depuis le Code Noir et la révocation de l’édit de Nantes jusqu’aux dynamiques sociales contemporaines.